En savoir plus sur le voyage de TAF au Japon

TAF s’est rendu au Japon en Novembre 2019 afin de mieux appréhender la situation du pays en ce qui concerne :

– Les questions environnementales comme la consommation de plastique et la surpêche.

– La chasse au dauphin à Taiji.

CONSOMMATION DE PLASTIQUE

La culture et la plastique

  • La surconsommation systémique de plastique est étroitement liée aux instincts culturels des Japonais. Les produits sont, en effet, enveloppés dans plusieurs couches de plastique pour des raisons d’hygiène et de protection des aliments.
  • On enseigne aux Japonais à ne pas jeter leurs ordures n’importe où et à toujours nettoyer après leur passage. Ils évitent de manger et boire en public et dans les transports en commun. Les rues au Japon sont, de ce fait, impeccables de propreté.
  • Les Japonais sont extrêmement consciencieux et rapportent leurs déchets chez eux, surtout après avoir participé à des événements publics. On appelle cette habitude «gomi mochikaeri ».
  • Il n’y a pas d’interdiction officielle de fumer dans les locaux au niveau national mais certaines villes ont instauré des zones spéciales fumeurs/non-fumeurs. On ne trouve pas un seul mégot de cigarette où que ce soit.
  • Les magasins japonais donnent généralement des sacs en plastique, des pailles et des agitateurs de cocktail. Les serviettes en papier ou autre matériel sont aussi enveloppées de plastique. Les boissons, par-contre, sont présentées dans des coupes de papier. Le plastique enveloppe aussi tous les articles offerts dans les hôtels : brosse à dents, savon, coton, bonnet de douche, bouteille d’eau.

Production et gestion des déchets

  • D’après le programme Environnement des Nations-Unies, l’industrie de l’emballage plastique représente 34% de la production globale de plastique et le Japon est le deuxième plus grand producteur de déchets plastique par personne au monde derrière les États-Unis.
  • Le Japon est aussi l’un des dix plus grands contrevenants par rapport au traitement des déchets électriques et électroniques : 16,9kg par personne en 2016.
  • Malgré la mise en place d’un système sophistiqué pour la gestion des déchets, le Japon rejette de 20,000 à 60,000 tonnes de déchets de plastique dans l’océan chaque année et ce d’après le Ministère de l’Environnement.
  • En moyenne, un Japonais utilise de 300 à 400 sacs en plastique par an, ce qui fait un total de 40 milliards de sacs en plastique au niveau national.
  • Un procédé appelé « recyclage thermique » utilisé pour produire de l’énergie thermique et électrique permet d’incinérer approximativement 58% du plastique mis au rebut. Cette pratique dégage un montant significatif de dioxyde de carbone dans l’atmosphère et contribue au réchauffement climatique.
  • En 2014, le poids de déchets plastique s’élevait à 30kgs par personne.
  • 14% des déchets plastiques sont exportés vers des pays pauvres de l’Asie du Sud-Est qui n’ont pas la capacité suffisante pour les recycler. Il n’y a aucune possibilité de savoir si ces déchets sont véritablement traités.
  • Uniquement 14% de ces déchets sont recyclés au Japon.

Politiques environnementales

  • La plupart des initiatives du gouvernement se concentrent sur le ramassage, le tri et la gestion des déchets, très peu est fait au niveau de la consommation même de plastique.
  • Le 24 Juillet 2020, une nouvelle loi prendra effet et demandera aux négociants de faire payer 1 Yen par sac de plastique aux clients.
  • En 2018, le Japon et les États-Unis ont refusé de signer un accord avec le G7 permettant de réduire l’usage unique de sacs plastique.

SURPÊCHE

Culture alimentaire

  • C’est une tradition de manger du poisson à tous les repas, du matin au soir. Les Japonais ont une préférence pour le poisson gras et goûteux.
  • En 2016, un Japonais consume en moyenne 45,3 kg de poisson par an.
  • D’après l’Organisation des Nations-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, les captures de pêche ont décliné depuis la fin des années 1980, de 11,2 millions de tonnes en 1988 à 3,2 millions de tonnes en 2017. Ce déclin est dû à l’arrêt des pratiques de pêche inappropriées qui mettaient en danger la vie de millions de gens dans le monde.
  • Le régime alimentaire japonais propose un grand choix de plats végétariens/vegan qui sont très populaires tels que les nouilles Udon et Okonomiyaki.
  • Dans les grandes villes cosmopolites comme Tokyo, Osaka, Hiroshima et Kyoto, les tendances culinaires occidentales comme les cafés français, deviennent de plus en plus populaires surtout auprès des jeunes adultes.
  • On peut se demander comment le secteur alimentaire va évoluer en fonction des changements culturels et aussi du déclin de la population piscicole.

Aspects Économiques

  • Traditionnellement, la pêche joue un rôle important dans l’économie japonaise et aussi pour la sécurité des aliments.
  • Le plus grand marché aux poissons du monde, le Tsukiji, se trouve à Tokyo. Autour du marché se trouvent de multiples restaurants et magasins vendant des plats préparés avec les produits frais du marché. Des dizaines de milliers de touristes s’y rendent chaque année. Le marché de gros et le marché aux enchères pour le thon se sont récemment installés sur le front de mer de Toyosu. Ils attirent des acheteurs aisés du monde entier. Les enchères commencent à 5h30 le matin, le public n’y a pas vraiment accès.
  • TAF s’y est rendu et a interviewé les travailleurs pour les enchères. Il est évident que la population de thons est en déclin et que la pêche en est réduite, à tel point que des mesures ont été prises pour importer du thon du Canada. Le thon est importé par jumbo jet et a acquis le nom de Thon Jumbo ! Les restes de thons frais sont vendus pour l’industrie de thon en boîte.
  • La première enchère de 2019 a battu tous les records de prix pour un thon dont l’espèce est déclarée en danger : plus de 3 millions de dollars pour un thon rouge géant.

Commerce International de la Pêche

  •  Il existe à peu près 200,000 pêcheurs au Japon qui assurent 68% de l’approvisionnement pour le pays.
  • Le Japon est le deuxième plus grand importateur de produits piscicoles au monde derrière les États-Unis avec un montant importé d’une valeur de 15 milliards US$ (2017).
  • Les exportations de produits piscicoles se montent à 2 milliards US$ (2017).

CHASSE ET CAPTURE DE DAUPHINS ET BALEINES A TAIJI

Contexte historique

  • La chasse à la baleine et ses techniques ont commencé à se développer à Taiji il y a plus de 400 ans, quand les transactions commerciales sont apparues au Japon.
  • La consommation de viande de baleine s’est étendue du niveau régional au niveau national alors que le pays souffrait de pénurie alimentaire grave au lendemain du désastre de la deuxième guerre mondiale. La production de viande de baleine a culminé à 226,000 tonnes dans les années 60 et stagne maintenant à 3,000 tonnes (Chiffres du gouvernement en 2017).
  • Seules pratiquement les anciennes générations mangent de la viande de baleine dont ils aiment le goût, spécialement autour de Taiji où la viande est sur les menus des restaurants et vendue dans les négoces.
  • La surpêche des dauphins et des baleines dans les dizaines d’années suivant la deuxième guerre mondiale a contribué à la quasi-extinction de certaines espèces vivant dans les eaux japonaises.

Sélection pour la capture et massacre à Taiji

  • Dans la province de Wakayama, au sud du Japon, les baleines et les dauphins sont considérés comme faisant partie de la culture alimentaire locale. Le gouvernement soutient ces pratiques de chasse au dauphin, considérant que les locaux ont tout pouvoir dans la gestion des stocks de petits cétacés.
  • La tristement célèbre baie de Taiji et ses alentours, où la sélection et le massacre prennent place, a été décrite dans un documentaire « The Cove » qui a reçu un Oscar en 2010. Le Musée des Baleines de Taiji se trouve juste à côté.
  • La saison d’abattage dure de Septembre à Mars chaque année. Pendant cette période de chasse, 12 bateaux quittent le port chaque matin et y reviennent avec les dauphins et baleines prêts pour le massacre.
  • Les pêcheurs travaillent suivant un quota de proies, limitant le nombre de captures pour la consommation et pour la vente aux parcs aquatiques. Pour la saison 2019/2020, le quota était de 1,749 dauphins et petites baleines.
  • Les beaux spécimens de cétacés ou dauphins peuvent être vendus pour des sommes considérables (dizaines de milliers US$ chacun) aux centres aquatiques internationaux.
  • La Chine est maintenant le plus grand importateur de dauphins et baleines vivants. Taiji livre 60 dauphins vivants aux pacs aquatiques chinois par an, selon l’accord en vigueur avec le pays.
  • Les autres grands importateurs de cétacés vivants en provenance du Japon sont la Russie, la Corée du Sud, la Thaïlande, le Vietnam, l’Ukraine et l’Arabie Saoudite.
  • Le Projet Dauphin, qui veut témoigner du massacre et de la capture sélective des dauphins, passe 6 mois par an sur les lieux. Les observateurs filment en temps réel les activités dans la baie pour attirer l’attention au niveau international sur ces pratiques.

La ville de Taiji

  • Taiji a un patrimoine culturel et naturel riche, dans un environnement magnifique.
  • Notre première impression de la ville a été celle d’une ville fantôme, désertée, abandonnée, vieillotte avec des sculptures de cétacés et des signes partout. Les habitants de villes plus importantes où nous sommes allés semblaient parfaitement inconscients du massacre de cétacés à Taiji. La ville semble adopter un profil bas délibérément.
  • Les seuls deux touristes étrangers que nous avons finalement rencontrés au bout de quatre jours à l’hôtel étaient complétement ignorants de ce massacre annuel. Ils étaient venus faire de la randonnée en montagne.
  • Les commerces locaux, hôtels et restaurants semblaient souffrir du manque de clients. La motivation financière derrière le massacre ne semblait aucunement profiter à la ville.
  • La police surveillait le peu de touristes en permanence. Nous avons été stoppés et questionnés, même pour nos préférences alimentaires. Les rares citadins que nous avons croisés nous regardaient de façon soupçonneuse, montrant même de l’hostilité et des regards méchants.
  • A partir de l’hôtel, nous avons pu apercevoir des zones interdites dans le Musée des Baleines.
  • Un bateau baleinier avec ses griffes pour attraper les baleines était exposé à l’extérieur de notre hôtel. Le même bateau est encore utilisé aujourd’hui.
  • Nous avons découvert ce qui se passe dans le Musée une fois entrés ! Nous avons assisté à l’entraînement incessant des dauphins et notamment le dauphin d’Electre (à tête de melon) à des fins d’exportation. Les animaux étaient tenus captifs dans des petits bassins sales ou dans des petites cages réservées à l’entraînement.
  • Ils étaient très peu nourris, uniquement quelques petits poissons de temps en temps, ce qui nettement insuffisant.
  • Les entraîneurs étaient jeunes et semblaient très fiers de pouvoir dominer les dauphins, se tenant debout sur eux pour surfer tout en leur enseignant des tours en vue de leur captivité dans les parcs aquatiques.
  • Les employés du Musée semblaient assez stressés par les visiteurs prenant des photos ou filmant des vidéos.
  • Dans un autre bassin d’eau sale, quatre dauphins aveugles nageaient à contre sens d’une multitude d’autres.
  • Sous la surveillance des employés, les touristes sont autorisés à nourrir et à toucher les dauphins. Cette pratique est dangereuse pour les animaux car ils sont particulièrement vulnérables à la transmission de maladies et aux coups. L’été, les touristes son autorisés à apprendre à entraîner les dauphins et à nager avec eux.
  • Nous avons repéré un groupe de dauphins bleus dans une vieille piscine surpeuplée. Eux aussi, comme leurs congénères, étaient très occupés avec 4 à 8 performances par jour.
  • Nous avons identifié un faux orque, une baleine pilote à nageoires courtes et un dauphin de Risso (6, 4 et m de long) à l’entrainement dans la baie. Les entraîneurs leur marchaient dessus et une musique stridente jouait en continu. Pas de pause ni de nourriture pour les animaux qui avaient l’air abattus et découragés.
  • Le soi-disant Musée des Baleines contenait une multitude de cages pleine de dauphins capturés et entraînés de force en continu.
  •  Le prix d’entrée était de 1500 Yen soit 10 Euros.
  • Le Musée expose aussi tout le matériel pour la chasse à la baleine (harpons etc…) et donne une explication détaillée de l’histoire de la chasse, la tradition et la façon de tuer les baleines.
  • La boutique du Musée vendait de la viande de baleine parmi d’autres produits.

 La baie COVE

  • A plusieurs centaines de mètres du Musée se trouve la tristement célèbre Baie de Taiji où le maintenant célèbre documentaire « The Cove » a été filmé en 2009. Depuis, la police surveille l’endroit en permanence.
  • C’était vraiment bouleversant d‘être dans cet endroit où tellement de dauphins sont massacrés et capturés. Nous avons remarqué des cordes sur les murs pour tenir les dauphins et on peut seulement imaginer la souffrance que ces animaux endurent.
  • Il n’y a pas eu de massacre lors de notre séjour, mais la semaine précédente et la suivante, beaucoup de dauphins y ont laissé leur vie.
  • La raison du massacre des dauphins n’est pas très claire. Il n’y a pratiquement pas de demande pour de la viande de dauphin et son prix est bas, alors que les spécimens vivants sont plus rentables. Aucun rendement financier pour justifier le massacre. Nous nous demandons si la viande de dauphin n‘est pas utilisée comme matière de base pour l’industrie alimentaire pour animaux.
  • La « Base des Dauphins » est un autre aquarium à Taiji, offrant, en plus des performances, un programme de « nage avec les dauphins ». Ils font attention aux occidentaux mais ont nié organiser des performances avec les dauphins quand nous leur avons demandé.

QUE FAIRE ?

  • Le rôle essentiel des baleines et dauphins dans le système écologique doit être mis en avance beaucoup plus.
  • Le déclin de leur population est une grave menace pour la planète et pour nous.
  • Beaucoup d’ONG sont déjà en place et travaillent pour lutter contre la chasse et les massacres et les faire arrêter. TAF, dans ce contexte, se concentre sur la suggestion de solutions novatrices pour ce grave problème.
  • Nous pensons que Taiji, qui a un riche patrimoine, devrait se développer au niveau touristique.
  • La ville pourrait se transformer complètement en une station thermale où les visiteurs pourraient découvrir les traditions locales et l’histoire des pratiques défuntes de la chasse à la baleine et au dauphin. Les touristes pourraient apprécier la sérénité des magnifiques montagnes, temples, plages et côtes.
  • Le commerce local pourrait se développer attirant de nouveaux restaurants (sans viande de baleine), devenant une station balnéaire et thermale.
  • TAF poursuit ses efforts quotidiens pour augmenter la sensibilisation au sujet de l’industrie liée à la captivité des cétacés.

     

    Dîtes NON aux parcs aquatiques! 

 
SOURCES